17-Sep-26 22:58
[OM-Olympiakos] Les bons conseils de Petit Vélo
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17-Sep-26 23:11
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Re: [OM-Olympiakos] Les bons conseils de Petit Vélo
Certainement une nouvelle défaite
Aujourd'hui 08:42
Re: [OM-Olympiakos] Les bons conseils de Petit Vélo
Ronan Delcroix (Chef de la DNLH) a écrit :
Ronan Delcroix, nous sommes au début de votre deuxième saison à la tête de la DNLH, pour commencer, quel bilan pouvez-vous faire de cette première saison?
La première saison s'est plutôt bien déroulée. Nous avons eu une saison qui a été plutôt calme dans l’ensemble, avec un nombre d’incidents limités aussi bien en nombre qu’en intensité. Le bémol reste la fin de saison, notamment la dernière journée de Ligue 1 avec deux envahissements de pelouse et les incidents la veille de la finale de la Coupe de France entre Lens et Nice. On est donc sur une saison qui s’inscrit dans la continuité des saisons précédentes, avec certes parfois des incidents, mais avec une intensité moindre qu’on a pu connaître il y a quelques années. Nous sommes donc plutôt satisfaits et nous espérons que la saison qui commence va continuer dans cette voie positive.
Vous avez évoqué les incidents autour de la finale de la Coupe de France, peut-on vraiment les rapprocher spécifiquement de votre domaine et du supportérisme?
Bien sûr. Nous suivons la lutte contre le hooliganisme. Et clairement, ce qui s’est déroulé la veille de la finale de la Coupe de France sont des faits commis par des hooligans en marge d’une rencontre sportive. Même si c'est la veille, même si c'est à quelques kilomètres du stade, on est clairement sur un phénomène de hooliganisme. Mais ça démontre aussi que si ces faits ont lieu la veille d'un match, vraiment loin de l'enceinte sportive, les dispositifs de sécurité sont bons pour que le match se déroule en toute sécurité pour les spectateurs.
Les stades sont désormais trop sécurisés pour connaître des affrontements?
Un stade n'est jamais trop sécurisé. Les moyens sont mis en place pour que des incidents, des violences et des débordements ne se commettent plus dans les enceintes sportives. Ces incidents donnent une mauvaise image du sport et je le rappelle souvent, les individus qui commettent ce genre d'exactions ne sont qu'une infime minorité. C'est peut-être 2% ou 3% des gens qui viennent au stade. Et nous, on se doit d'assurer la sécurité des autres spectateurs qui viennent juste profiter d'un match de foot en famille. Tous ces moyens qui ont été mis en œuvre, comme les parcages étanches, des barrières, des tourniquets, des caméras, et aussi l'effort des clubs, notamment sur le volume de stadiers, font que les incidents qu'on a pu avoir il y a quelques années, avec des batailles rangées dans les stades, arrivent vraiment de moins en moins. Sur ce côté-là, on est satisfaits de l'effort fait par tout le monde.
Nous avons évoqué la saison dernière, comment abordez-vous cette nouvelle saison 2026-2027?
L'avantage de la Ligue 1, c'est que la DNLH connaît les affiches et les rivalités. Nous avons l’expérience des saisons précédentes pour évaluer une rencontre et son niveau de risques et surtout pour que les forces de sécurité intérieure calibrent leurs dispositifs efficacement.
C’est donc la Coupe d’Europe qui est plus inquiétante cette saison?
La Coupe d'Europe, surtout avec le nouveau format, c'est toujours un petit peu de la loterie. La phase de poule de Ligue des champions, de Ligue Europa et de Conférence Ligue suscite toujours notre intérêt. Sur les rencontres à venir, on a un œil attentif sur les venues de Galatasaray, qui va venir deux fois en France, à Lille puis à Paris. On a aussi l’Olympiacos qui vient à Marseille dès le milieu du mois d’octobre. On connaît la rivalité qu’il y a avec certains clubs grecs, et l’amitié que les supporters de Marseille peuvent avoir avec l’AEK Athènes. Forcément, on aura un œil très attentif sur ces rencontres, qui nécessitent une grande préparation en amont avec des volumes de spectateurs importants. Les clubs turcs et grecs remplissent leurs parcages, avec notamment la diaspora. On a vraiment quelques rencontres européennes à un haut niveau de risques qui s'annoncent. Pour le reste de la Ligue 1, nous sommes habitués, c'est un peu notre pain quotidien.
Si nous évoquons le match européen de l’OM face à l’Olympiacos, comment se prépare ce genre de rencontres?
Dès le tirage effectué, l'UEFA organise un grand séminaire où ils réunissent les responsables de la sécurité au niveau de l’instance, mais aussi des représentants des clubs, des représentants des polices locales. Dans ce tour de table, sous l’égide de l'UEFA, il y a un premier échange d’informations sur la nature des supporters, le volume des supporters attendus, ce que le club local souhaite mettre en place et va mettre en place pour accueillir les supporters visiteurs. La police donne aussi des indications sur la manière de gérer les supporters visiteurs. C’est la première partie du travail, avant de nous mettre en relation avec nos homologues grecs afin d’obtenir toutes les informations nécessaires sur le profil des supporters. À partir de cet instant, on fait une analyse de risque. Un mois avant la rencontre, la police locale et le Préfet de département vont organiser une première réunion pour évaluer la menace, le risque et concevoir le dispositif. Une deuxième réunion aura lieu quelques jours avant le match, où le dispositif est calibré et présenté à tout le monde.
Il sera noté 5 sur 5 ce match de l’Olympique de Marseille?
La DNLH rend son classement 48 heures avant le match, nous avons des informations jusqu’au dernier moment, par exemple sur des supporters à risque qui deviennent ou ne viennent pas. On ne fait pas de classement avant l'heure, ce qu'on peut être sûr, c'est que ça sera un match à très haut risque, et qui sera forcément classé à un niveau important, puisque les risques existent.
Si l’on poursuit sur l’OM, est-ce qu’un grand club, en difficulté au classement comme c’est le cas de Marseille actuellement, inquiète les services de renseignements dans le monde du football?
Bien évidemment, et pas seulement l'OM, pour tous les clubs, le travail de la DNLH en lien avec nos correspondants locaux, et de suivre l'impact que peut avoir la situation sportive d'un club. On sait que dans certains clubs, avec des supporters un petit peu plus bouillants et passionnés, la moindre série de mauvais résultats peut entraîner des réactions virulentes. Et on suit aussi les relations que peuvent avoir les supporters avec la direction du club, ça peut avoir un impact sur le comportement des supporters dans les enceintes. La situation sportive est donc bien prise en compte pour l’évaluation et l’appréhension du match par les autorités. Dans certains cas, les supporters peuvent accepter les situations sportives quand ils savent que les moyens financiers. De notre côté, grâce aux liens qu'on a avec nos correspondants locaux, qui eux connaissent ces supporters et savent anticiper les réactions des supporters, on arrive à avoir une bonne vision de l'état d'esprit du supporter et du réel risque quand ils peuvent se 'retourner' contre leurs joueurs ou leurs dirigeants en cas de mauvais résultat. Dans certains clubs, et en fonction du contexte, deux ou trois mauvais résultats peuvent susciter une réaction véhémente. C’est notre travail d'avoir un bon visu sur ça et on s'appuie beaucoup sur nos correspondants locaux pour avoir le meilleur ressenti possible.
Est-ce qu’en milieu de saison, une petite alerte a sonné lorsqu’il y a eu des affrontements entre les supporters du PSG?
Bien évidemment. On savait que la tension couvait depuis quelque temps au sein du CUP. C'est un peu particulier, le CUP est une structure avec plusieurs groupes qui cohabitent à l'intérieur. Quand vous avez plusieurs groupes, il y a toujours des questions de leadership et aussi des questions d'ego par-dessus. Nous étions au courant des tensions qui dataient de la finale de la Ligue des champions 2025 où il y a eu le premier incident entre les Parias Cohortis et les Urban Paris. On savait que la tension couvait donc on n'a pas été surpris. La direction du renseignement de la préfecture de police avec qui on est en lien constant nous tenait au courant des tensions qui existaient, du risque qu'il y avait et qu’à un moment ça pouvait exploser. La direction du PSG sur ce coup-là a été très efficace en prenant rapidement des sanctions. Il n'y a pas que les pouvoirs publics qui prennent des sanctions à l'encontre des supporters. Les clubs sont aussi capables de sanctionner les supporters en allant jusqu'à les interdire de stade. Le PSG a rapidement réagi en sanctionnant ces groupes de supporters problématiques en les interdisant au stade ou en leur limitant leur déplacement à l'extérieur. Le fait d'avoir un club qui réagit vite, ça nous aide. Il n'y a pas que les pouvoirs publics qui luttent contre le phénomène de violence dans les stades. Sur ce sujet, le PSG a réagi rapidement et sur la saison qui commence, il y a un des deux groupes qui n'est plus au stade et qui n'existe plus. Le problème est pour l'instant réglé au Parc des Princes. On reste vigilants pour la suite.
Nous sommes repartis sur une saison avec de nombreux arrêtés d’interdiction de déplacement et d’encadrement de déplacement. La petite musique revient en permanence, tout au long des saisons. Est-ce que vous comprenez le combat des groupes de supporters contre ces arrêtés?
Il y a quand même une différence entre encadrement et interdiction. Dans un contexte d’encadrement, nous autorisons les groupes de supporters à venir au stade sous certaines conditions, qui peuvent leur paraître contraignantes. Effectivement, sur ce point, je suis en capacité de l'entendre. Ces conditions sont mises en place pour les protéger. On fait ça parce qu'on sait qu'il y a un antagonisme ou qu'il y a eu des incidents par le passé. Dans ce cas, les pouvoirs publics estiment que c’était la seule mesure nécessaire pour assurer le bon déroulé de la rencontre. La petite musique, comme vous l'appelez, effectivement, on se déplace beaucoup sur les rencontres et on est amené à rencontrer des représentants des supporters qui nous font remarquer que les supporters sont mécontents des arrêtés.
Quel message vous leur envoyez?
Ces arrêtés sont pris par les Préfets, représentants de l’État dans le département, et ne sont jamais pris par hasard. Le Préfet considère que pour que la rencontre se déroule bien et que le risque d'incident soit limité, des mesures doivent être prises, à lui de calibrer ces mesures, nous apportons notre expertise et nos conseils et le préfet décide. Si un arrêté d’interdiction totale de déplacement est pris, comme c'est le cas pour certaines rencontres depuis le début de saison, c'est que le préfet estime que les conditions n'étaient pas réunies pour que les supporters se déplacent en toute sécurité. Nous, on sait qu'on a une mission d'écoute des supporters. Et donc, on essaie, lors de nos déplacements et lors de nos rencontres avec les supporters, de rester à l'écoute. On sait qu'on ne pourra pas forcément donner raison à tout ce qu'ils demandent et les satisfaire.
La vigilance est aussi très forte sur les phénomènes constatés dans les enceintes comme les saluts nazis et chants homophobes?
Si vous prenez le nombre de rencontres qui se déroulent chaque année sur le territoire et le nombre de ces phénomènes réellement constatés, on est sur quelque chose qui reste marginal dans les stades, quand bien même la caisse de résonance médiatique est énorme. Néanmoins, ce qu'il faut prendre en compte, c'est qu'un stade de foot, c'est le reflet de la société. Chaque week-end, des dizaines de milliers de personnes viennent au stade, et malheureusement, certains vont confondre le stade avec une arène politique et vont profiter du fait d'être nombreux et de l'anonymisation qu'on peut y avoir dans le stade, pour oublier qu'ils sont un simple supporter et se servir des tribunes comme une tribune. On garde notamment une vigilance à l'approche de l'élection présidentielle, c'est très polarisé sur tous les comportements qu'il peut y avoir dans les stades. Le stade doit rester un espace neutre. C'est déjà prévu par les clubs et la Ligue qui ne souhaitent aucune démonstration ou message de nature politique dans les stades. Les forces de police sont vigilantes à tout message de haine, de racisme qu'il pourrait y avoir dans les stades. Si tel est le cas, à chaque fois, nous ouvrons une procédure. S'il y a possibilité d'interpellation sur place, les services de police le font et traitent la procédure le plus rapidement possible en lien avec le parquet.
Une bonne nouvelle dans le football français, c’est de voir la bonne gestion de la cohabitation entre le PSG et le PFC…
Effectivement, la montée du Paris FC avait suscité un petit peu d'inquiétude parce que c'est assez inédit d'avoir deux clubs dont les stades se situent à 200 mètres d'écart. Il y a de nombreux supporters qui ne viennent plus en déplacement au Parc des Princes, et là, avec la montée du PFC, ils avaient l’occasion de revenir à Paris. On avait donc cette crainte d’avoir des supporters du PSG qui profitent de la venue de supporters à Jean Bouin pour créer des incidents. Nous avions aussi la crainte d’avoir des supporters du PSG qui prennent des places à Jean Bouin pour créer des soucis, ou d’avoir des supporters visiteurs en tribune grand public, ce qui est malgré tout le cas l’année dernière. Finalement, la saison s’est bien déroulée, le club du Paris FC a fait le nécessaire pour limiter le nombre de supporters du club adverse dans ses tribunes, avec la Préfecture de Police qui a mis les moyens pour faire en sorte que les rencontres se déroulent bien. On aborde cette saison avec un peu plus de confiance du côté du PFC, même si malgré tout, on sera vigilants puisque c’est notre rôle.
Et dernière question, c’est la tradition, nous sommes au lendemain d’un classique entre l’OM et le PSG, est-ce qu'un jour les supporters visiteurs seront de retour dans ce genre de rencontre?
Ce n'est pas à l'ordre du jour. L'antagonisme est toujours là. Les supporters de Marseille et de Paris ne se sont pas rencontrés depuis 2018, et en 2018, il y avait eu de lourds incidents. L’année dernière, vous avez eu des supporters marseillais qui ont attaqué des supporters parisiens à la gare de Marseille-Saint-Charles, lorsque des supporters parisiens sont descendus pour un match à Toulon. Ils se sont battus devant des familles à la gare de Marseille. L’antagonisme est encore très, très fort, avec Lyon – Saint-Etienne, c'est peut-être l'antagonisme le plus fort du foot français à l'heure actuelle. Il est clair qu’à l’instant T, les conditions pour permettre le déplacement des Marseillais à Paris, ou inversement, ne sont pas réunies. Il ne faut jamais dire jamais, mais je pense que ça prendra un certain temps. Les conditions ne sont pas réunies et ce n’est pas à l’ordre du jour aujourd’hui.
